Curatorial project for an art center.
The title Traduttore, traditore — “translator, traitor” — refers as much to the utopian nature of a perfect translation as to the structural constraint incumbent upon European institutions: to translate, interpret, reformulate constantly.
With loans from the European Parlement.
Press Release (only in FR) :
Lauréat 2025 du programme d’échange Strasbourg <> Francfort, Alexandre Caretti (né en 1996 à Besançon) est diplômé de la Haute école des arts du Rhin (HEAR) de Strasbourg. Il vit et travaille à Lyon.
De janvier à mars 2025, il est en résidence à basis e.V. (Francfort, DE), où il expérimente ce qu’il appelle le « tourisme financier » sans pour autant parvenir à dépasser les portiques des halls de banques. De cette expérience naît Skulpturen für Bankhallen, une exposition mêlant mécanismes automatisés, maquettes et scrapbooks, élaborée à partir de son arpentage de l’architecture et du mobilier des institutions économiques de la ville. En janvier 2026, il poursuit ce travail à Strasbourg à l’occasion d’une résidence de recherche et de production qu’il passe en partie à enquêter à l’intérieur du Parlement européen.
Pour son exposition personnelle au CEAAC, Alexandre Caretti investit les deux étages du Project Space en y déployant deux atmosphères radicalement distinctes : la quiétude de l’attente et l’activité bureaucratique. Ce dédoublement spatial devient le lieu d’une tension à la fois politique et intime entre croyances collectives et désillusion personnelle, où se rejoignent les rêves qui fondent nos élans communs aussi bien que les doutes qui les traversent. À travers un ensemble de matériaux prélevés directement depuis les institutions européennes et d’un répertoire formel et visuel qui s’en inspire, il transforme l’architecture du centre d’art en un espace d’attente, de circulation et de négociation. Traduttore, traditore — « traducteur, traître [1] » — renvoie autant au caractère utopique d’une traduction parfaite qu’à la contrainte structurelle qui incombe aux institutions européennes : traduire, interpréter, reformuler sans cesse. Condition sine qua non du dialogue, la traduction en complique aussi l’exercice : elle fluidifie les échanges tout en les ralentissant, elle incarne l’idéal d’une coopération internationale autant qu’elle en révèle les limites. Traduttore, traditore met en lumière les écarts, les glissements, les pertes, les compromis et compromissions qui accompagnent toute tentative de transposition, qu’elle soit linguistique, politique ou artistique. L’exposition devient un langage en soi : un espace pour ressentir plutôt que démontrer, où sous la lumière crue du réel, persistent malgré tout le désir de croire et la possibilité de rêver.
— Agnès Biro, April 2026
Exhibition text / Visitor guide
Conceived as a navigational tool rather than a user manual, the visitor guide for Traduttore, traditore takes the form of a scanned, photocopied, crossed-out, scribbled-on, printed, and then stapled document on A4 sheets.
This graphically designed object, created by Axel Alousque (@groupie_facile_), fully embodies the exhibition's concept by utilizing the quintessential office tool: the desktop printer.
Between glossary, digression, and translation, this document guides visitors without imposing a specific path.